Le musc en parfumerie

Le musc est une matière première très prisée en parfumerie. Les fragrances orientales ayant conquis depuis quelques années le marché européen,  on retrouve beaucoup cette note olfactive dans les parfumeries sélectives. A l’origine, le musc était extrait des glandes abdominales du chevrotin-porte musc.  Rare, onéreux, et depuis la protection de l’espèce, les parfumeurs se sont tournés vers le musc synthétique. Suave, chaud et animal, zoom sur l’usage du musc en parfumerie.

 

Il était une fois le musc

Si aujourd’hui le musc utilisé en parfumerie est synthétique, il fut une époque où il était  d’origine animale. Autrefois, les hommes avaient découvert que le chevrotin porte-bouc, lors de son rut, dégageait une odeur singulière. C’est ainsi qu’ils aperçurent, nichée dans l’abdomen du chevrotin, une glande contenant un liquide de couleur brun. Ce musc dont ils firent la découverte devint très vite le principal ingrédient de leurs parfums, mais aussi un remède à bien des maladies.

 

Le musc : virilité animale

Le musc ne conserve son aspect liquide que lorsqu’il est maintenu au chaud, sous la peau de l’animal. Dès lors qu’il est extrait de la glande, il sèche. Cet aspect solide fait perdre au musc toute son intensité, toutes ses vertus. Les hommes ayant noté le contraste, ont très vite saisi que pour avoir un liquide brunâtre avec toutes ses propriétés, il fallait tuer l’animal. Ainsi, en récupérant la glande du chevrotin, le musc conservait toute son authenticité. L’odeur animale, chaude, boisée du musc, a très vite conquis les hommes. D’ailleurs, ses vertus aphrodisiaques, ont au fil du temps, fait du musc LA note olfactive de référence. Viril, attrayant, puissant, le musc semblait rendre l’homme plus attirant. Une virilité animale qui perdurera des siècles durant.

 

Le musc synthétique

Le chevrotin porte-musc est désormais une espèce protégée. En voie de disparition, son musc tant convoité, a été remplacé par le musc synthétique. Aujourd’hui, avec l’avancée de la technologie, l’odeur du musc d’origine animale est facilement reconstituable à partir de molécules de synthèse. Les parfumeurs ont su reproduire l’odeur capiteuse, boisée, extrêmement prononcée du musc. Même si le chevrotin est encore exploité au marché noir pour sa glande, se négociant à des prix exorbitants, la qualité n’est pas forcément au rendez-vous. De plus, étant donné son prix excessif, il est plus simple pour les maisons de parfum d’avoir recours au musc synthétique.

Les différents familles de musc synthétique

Le musc de synthèse est toujours fabriqué en laboratoire par de grands groupes. Ces derniers gardent jalousement leurs formules secrètes et innovent toujours afin de créer et recréer des muscs aux longs sillages. Sensualité, chaleur, authenticité, le musc est travaillé avec passion et dans le plus grand respect de l’environnement et de la santé.

 

Il existe par ailleurs plusieurs familles de musc :

  • Les nitro-muscs : appelés aussi les muscs nitrés :  développés à partir de 1888, c’est  la plus ancienne catégorie  des muscs. On compte parmi eux le musc cétone ; un musc à l’odeur animale, poudrée et florale. S’ils ont longtemps été utilisés en parfumerie durant le XXème siècle, ils sont aujourd’hui interdits d’usage par la législation.

 

  • Les muscs polycycliques : ils sont pointés du doigt pour des raisons écologiques. Beaucoup les considèrent dangereux pour l’environnement. Cependant, ils sont toujours utilisés en parfumerie, comme la tonalide ( à l’odeur boisée). On compte aussi  la galaxolide qui dégage une odeur poudrée, de propre, une odeur florale de framboise, de mûre et de violette.

 

  • Les muscs macrocycliques :  ce sont les muscs les plus “clean” aux regards de la législation. Parmi les plus courants, il y a l’habanolide ;  un musc à l’odeur chaude, cireuse, dont les notes rappellent la cire de bougie, ou encore le beurre de cacao. On compte aussi l’exaltolide ; un musc qui doit son nom à sa capacité d’exalter les parfums. Il rappelle aussi bien la mûre, le coton,  que la peau de bébé. Issu de synthèse chimique, on le trouve naturellement dans l’angélique ou la mûre.  Si c’est le fruit d’une synthèse chimique, on en retrouve à l’état naturel dans la mûre ou l’angélique. Il y a également la muscenone, un musc à l’odeur complexe. Il laisse sur la peau un souvenir cotonneux, poudré, doux comme une peau de bébé, avec des rappels de mûre.   

 

Notre peau est constituée naturellement de muscs. C’est sans doute la raison pour laquelle le musc est une note à laquelle tout le monde succombe. Hommes et femmes confondus. La sensualité qu’il dégage, la douceur et le confort, justifient l’engouement qu’il suscite auprès des parfumeurs et du public ces dernières années. Laissez-vous aussi séduire par les notes musquées de nos parfums en boutique. L’hiver est à nos portes, invitez donc la chaleur du musc sur votre peau.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *