Matières premières et techniques

MATIÈRES PREMIÈRES ET TECHNIQUES

Les matières premières sont les ingrédients utilisés pour la formulation du parfum. Naturelles ou synthétiques, elles forment la palette du parfumeur et sont combinées entre elles pour composer une création originale. Le parfumeur dispose en moyenne de 4 500 matières premières et les possibilités de combinaisons sont infinies…

LES MATIÈRES PREMIÈRES VÉGÉTALES
LES FLEURS
Le caractère naturel des notes florales rend leur utilisation presque incontournable en parfumerie féminine. Les différentes fleurs odorantes constituant cette famille contribuent à donner un effet spécifique aux parfums sur une large gamme allant de l’innocence (incarnée par le muguet) à la sensualité charnelle (incarnée par l’ylang-ylang, fleur originaire de l’océan indien). La rose et le jasmin, la tubéreuse et l’iris sont généralement considérés comme les fleurs les plus nobles. Les autres fleurs les plus utilisées sont la violette, la fleur d’oranger, le mimosa, les narcisses et la lavande.

LES FRUITS
Très appréciées, les notes fruitées donnent une touche de modernité et une originalité aux parfums. L’essentiel des fruits utilisés en parfumerie sont des agrumes et constituent une famille olfactive appelée hespéridés, très présente dans les eaux de Cologne. On y trouve les diverses variétés de citrons et d’oranges, notamment la limette et la bergamote. Les autres fruits sont le plus souvent des produits de synthèse, les plus fréquemment utilisés étant la vanille, le melon, la pêche et la pomme.
LES BOIS, LES PLANTES ET LES HERBES
Les matières végétales intègrent également les arbres, dont on prélève l’écorce ou le bois (cannelle, santal, bouleau), ou encore la résine (encens, myrrhe, labdanum), voire les mousses qui se développent sur l’écorce (mousse du chêne). Le cèdre de Virginie, le bois de Gaïac, l’essence de pin, le patchouli, le santal et le vétiver font partie des bois souvent utilisés en parfumerie.
Les plantes et les herbes peuvent être utilisées dans leur intégralité (romarin), en prélevant leurs feuilles (patchouli, verveine), leurs racines (vétiver, gingembre) ou leurs graines (cardamome, coriandre, fève tonka). Le basilic, la menthe et la marjolaine sont plus spécifiquement utilisées en parfumerie masculine pour leur caractère frais, propre et tonique.
LES MATIÈRES PREMIÈRES ANIMALES
Six essences animales sont utilisées dans la confection de parfums, le plus souvent aujourd’hui sous leur forme synthétique, pour des raisons d’éthique et de réglementation. Le caractère sensuel des notes animales les rend essentielles dans l’élaboration des parfums actuels et elles sont également appréciées pour leurs propriétés de fixatifs: le musc, sécrétion produite par un cervidé mâle appelé chevrotin porte-musc et originaire du Tibet ; le castoréum, issu des glandes du castor du Canada ; la civette, sécrétion du chat musqué sauvage originaire d’Ethiopie ; l’ambre gris, issu du cachalot, la cire d’abeille et l’hyraceum, produite par le Daman du Cap, un petit mammifère d’Afrique du Sud.
LES MATIÈRES PREMIÈRES SYNTHÉTIQUES
L’essor de la chimie au milieu et à la fin du XIXe siècle a profondément modifié la parfumerie et ses techniques de fabrication. La synthèse a notamment permis aux parfumeurs d’accéder à de nombreuses matières premières qui n’existent pas à l’état naturel. Ainsi, depuis la fin du XIXe siècle, la chimie joue un rôle de plus en plus important en parfumerie. Les matières synthétiques ont également permis de réduire le coût des parfums en copiant les matières premières d’originales animale ou végétales à un coût moins élevée, tout en préservant la faune et la flore. De nos jours, ces molécules synthétiques représentent la grande majorité des substances utilisées en parfumerie, même si l’on observe un retour aux matières premières naturelles dans la composition des parfums ces dernières années.
TECHNIQUES TRADITIONNELLES DE FABRICATION
On appelle extraction le processus qui permet de transformer en essence une matière première. Les exemples ci-dessous reprennent les formes traditionnelles d’extraction :

L’expression : pratiquée uniquement avec les agrumes, elle permet par simple pression d’extraire l’essence contenue dans l’écorce des fruits qui est suffisamment riche pour pouvoir en exprimer simplement les essences naturelles. Séparée du fruit, l’écorce est percée de petits trous et pressée mécaniquement. L’extrait obtenu est décanté puis filtré sur du papier mouillé, pour séparer les parties aqueuses des huiles essentielles.

La distillation à la vapeur d’eau : La distillation consiste à séparer par évaporation les solides et les différents constituants volatils d’un mélange. La matière première récoltée est disposée dans un alambic, avec de l’eau portée à ébullition. La vapeur d’eau transporte l’essence ainsi extraite dans un condensateur, puis dans un séparateur. Par décantation, l’eau se sépare des éléments odorants, qui sont alors récoltés.

L’enfleurage à chaud : utilisée avec des pétales de fleurs relativement résistants (rose, narcisse), cette technique consiste à les plonger dans un bain de graisse animale que l’on fait chauffer à plusieurs reprises. Lorsque les fleurs ont donné toute leur essence, elles sont jetées et remplacées par d’autres, jusqu’à obtention d’une graisse suffisamment saturée. Cet enfleurage terminé, la graisse chargée d’odeur est raclée, puis lavée à l’alcool pour obtenir des infusions. L’enfleurage à froid, technique aujourd’hui abandonnée, elle était utilisé pour des fleurs fragiles (jasmin, tubéreuse), les pétales délicats étant disposés sur de la graisse froide.

L’extraction par solvants: cette technique est réalisée à l’aide de solvants volatils (éther de pétrole, hexane) suivi en général par une extraction à l’éthanol. Mis en contact avec des végétaux, un solvant se gorge de corps odorants pour être ensuite éliminé par évaporation.

LES TECHNIQUES MODERNES DE FABRICATION
Avec les progrès technologiques, de nouvelles techniques sont apparues pour la fabrication du parfum. Les nouveaux procédés chimiques répondent aux besoins toujours plus importants du marché et à une volonté de constance dans la composition et la qualité des produits de parfumerie

L’extraction au gaz carbonique : ce procédé utilise comme solvant un dérivé du dioxyde de carbone dont la facilité d’élimination permet une production à moindre coût.

Le fractionnement : cette méthode consiste à isoler les différents constituants des essences. Les isolats ainsi obtenus servent de base à la production de matières odorantes dont le parfum peut différer de celui de la plante originale. L’eugénol, extrait du clou de girofle, peut ainsi développe une odeur d’œillet.

La chromatographie : en phase gazeuse, elle permet de recenser les molécules entrant dans la composition d’une odeur ainsi que leur dosage, afin de dupliquer ensuite cet assemblage.

Le headspace : cette technique permet de capter au mieux, par le biais d’un gaz neutre, les molécules odorantes des fleurs les plus réfractaires aux procédés d’extraction précédents, comme le lilas ou le muguet. Après une analyse chromatographique, le travail du parfumeur consiste alors à les reproduire.

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