Le nez

Si le marché du parfum se porte bien, que chaque année nous avons le droit à de nouveaux flacons, le monde du parfum demeure néanmoins un monde assez confidentiel.
La création d’un parfum est un art qui exige d’importantes études, et bien que les vocations autour du parfum foisonnent, seule une poignée d’élèves deviendront nez.
Aussi énigmatique que convoité, partons à la découverte de l’épicentre de la parfumerie, de celui qui écrit l’histoire du parfum avant d’en extraire le jus.

Qu’est ce qu’un nez ?

Les créateurs de parfum sont appelés les nez, ils ne sont que 300 dans le monde.
Des surdoués qui à force de humer des fragrances depuis de longues années sont capables de distinguer leurs infimes nuances ou de leur donner un nom, une caractéristique, un attribut.
La France, pays du parfum par excellence, en compte un peu moins d’une centaine.
Les qualités requises d’un parfumeur sont la créativité, l’imagination, et bien évidemment, la connaissance et la maîtrise des matières premières et des mécanismes de formulation.

Le parfumeur: un passio-nez ?

Faut-il vraiment se contenter d’être un passionné d’effluves, de poésie, de nature, de sillages aussi divers que variés pour devenir nez ?
Si jadis le métier de parfumeur était un savoir que l’on héritait de génération en génération, aujourd’hui, on sait qu’être nez, ça s’apprend.
Ce n’est pas un métier destiné à une élite, ou qui relève uniquement d’une passion.
L’engouement doit bien sûr être présent, palpable, mais nous avons chacun, en nous, la capacité de créer un parfum pourvu que nous stimulions notre nez.
Tous égaux en matière de capacités olfactives, là où défaut il y a, c’est que nous ne savons pas comment mettre en exergue celles-ci, nous ne les travaillons pas. Et aussi étrange que cela puisse paraître, sentir , ça s’apprend!

Une formation solide

La formation de parfumeur-créateur est théoriquement ouverte à tous les bacheliers, post-bacheliers.
Cependant, sont privilégiés les détenteurs d’un baccalauréat à filière scientifique pour la simple et bonne raison que la formation débute de manière intensive.
En effet, les matières que l’on enseigne en début de cursus sont la chimie, les matières premières, les statistiques, les mathématiques…
Autant dire que sortir d’un baccalauréat scientifique facilite l’adaptation.
La scolarité s’étale sur cinq années, un bac+ 5 en vue d’acquérir un Master de niveau européen.
Les futurs nez apprennent à décrire les odeurs verbalement avec un vocabulaire qui leur est propre et qui correspond à des sensations et des images personnelles.
Hormis l’olfaction, les élèves voient également les différentes composantes d’un parfum, les formules de celui-ci, les matières premières et la manière de les extraire.
Mais si les vocations autour du parfum sont nombreuses, seule une poignée d’élèves deviendra nez.

Un registre olfactif hors du commun

Le répertoire d’un créateur de parfum est prodigieux.
La mémoire d’un nez est imprégnée de centaines d’odeurs diverses émanant de produits synthétiques ou issus de matières premières naturelles.
Il est d’ailleurs important pour le parfumeur d’imaginer, de bâtir une bibliothèque olfactive qui lui est propre. Il est ainsi invité à sentir tout ce qui lui passe sous le nez, escapades en forêt, en parfumerie, en mer, dans les jardins et taillis…
Même sur les étals généreuses des marchés, où se mêlent allègrement fruits et légumes de saison, son nez y est convié.
C’est la meilleure façon pour lui d’accentuer sa sensibilité olfactive, car plus on sent et plus on a envie de sentir, et plus on sent mieux.
Humer est une véritable histoire de passion, de curiosité, et de concentration surtout.
Se focaliser sur l’effluve, y mettre tout son être, essayer de s’en souvenir avec ses propres émotions, ses propres mots, et ses propres souvenirs personnels, pas forcément olfactifs, aide à une mémorisation plus aisée.
Le parfumeur garde, rangées soigneusement dans de petits tiroirs, les effluves dans sa mémoire.

Orchestration des notes

Le créateur, dans son parfum, laisse exprimer une partie de sa personnalité, il laisse une empreinte de cette identité qui lui est propre, il est le reflet authentique de son inspiration.
Inspiration qui est la base même du processus de fabrication.
Un imaginaire retranscrit dans le parfum, après plusieurs étapes primordiales, parmi lesquelles l’écriture d’une histoire et la créativité qui en découle.
Ces qualités essentielles pour un nez vont lui permettre d’user de son répertoire, de retranscrire cette mélodie olfactive qu’il entend dans un premier temps, et qu’il couchera sur le parfum ensuite.
Les notes prendront peu à peu place dans le flacon, à mesure que les matières premières prendront vie.
En véritable chef d’orchestre, il va harmonieusement marier les notes entre elles, afin de donner le jus que l’on attend de lui. Et parfois, cela part de rien ou presque.

Partir de rien ou presque

L’idée d’un parfum peut partir de tout et de n’importe quoi.
D’un plat épicé, ou d’un souvenir d’enfance, ou encore d’une balade en nature, le parfumeur va ressentir le besoin d’exploiter telle ou telle senteur.
Sollicité par les grandes maisons de couture, le créateur de parfum peut être amené à créer un jus simplement en partant d’une phrase, d’un mot, parfois même d’un vêtement.
Le nez doit être capable de retranscrire dans un parfum ce que l’on attend de lui, en tentant de saisir l’image de la marque, sa personnalité ainsi que celle des parfums.
Un travail de maître qu’il manie avec délicatesse et dévotion.
C’est là toute la finesse du parfumeur, avoir la capacité de créer une fragrance, un jus, telle une fresque que chacun tentera d’imaginer le message véhiculé.
Le créateur peint cette idée que la maison veut faire passer, et le nez tout comme l’œil, aussi différent d’un individu à un autre, essaiera de percer l’énigme dissimulée.

Parfumeur mais pas seulement

Autrefois, on avait d’un côté le parfumeur créateur et de l’autre les métiers qui concourent au développement, à la distribution, à la commercialisation des parfums dans le monde.
Désormais, les écoles de parfum ne se contentent plus de former des parfumeurs créateurs.
En plus d’apprendre à créer une fragrance, on les forme aux métiers du marketing, de la distribution, du management.
On crée des parfums, mais on apprend également à les vendre.
Cette dualité de compétence va permettre aux jeunes fraîchement diplômés d’intégrer des maisons de création où ils travailleront sur le processus même de création de parfums, les matières premières, le sourcing, tout en acquérant des compétences dans tout ce qui touche de près ou de loin au marketing.

Le parfumeur a, depuis quelques années, ajouté d’autres cordes à son arc.
Créateur de fragrances, commercial, en plus d’être un fin nez, il est en passe de devenir monarque.
Si les effluves vous enchantent, à défaut de pouvoir devenir nez, initiez votre âme aux senteurs aussi envoutantes qu’improbables, et votre mémoire olfactive, étoffez !
Dar Al Musc est là pour vous initier….

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