La parfumerie de niche

Alors que jusque là, le marché de niche de la parfumerie était un cercle fermé, très sélect, qui n’était accessible qu’aux parfumeurs indépendants, il semblerait que depuis quelques années les grandes marques aient rejoint l’arène.
L’arrivée de ces parfumeries habituées au conformisme dans la cour des grands, est-elle synonyme de l’éclatement de l’alcôve restreinte et privilégiée ?
Le marché de niche tend-il à disparaître ?
Bien que leurs desseins se ressemblent, voyons comme les finalités divergent.

Le marché de niche

La fin des années 70, le début des années 80, marque le début du marché de la parfumerie de niche. À l’origine de cette émancipation de la parfumerie, la toute puissance du marketing dans le monde du parfum.
Face à cette véritable explosion du marketing, les parfumeurs indépendants vont chercher à se démarquer de la parfumerie dite “de masse”.
Alors que les maisons de mode mettent en avant leurs créateurs, les maisons de parfum oublient les leurs et mettent en exergue uniquement le produit.
C’est de là qu’est apparue la parfumerie de niche pour affirmer le fait que les créateurs de parfum étaient là avant tout pour raconter des histoires, que le créateur devait être valorisé pour ses œuvres.
La parfumerie de créateurs devient alors une véritable alternative à la parfumerie sélective.

Qui sont les acteurs du marché de niche?

Différents, étonnants, innovants, attrayants, ainsi sont les parfums de niche .
Ce secteur qui existe depuis longtemps, fait de plus en plus parler de lui.
C’est cette communication de plus en plus grandissante qui a accru l’intérêt des curieux pour ces maisons de parfumerie.
Ne parlez plus de marché de niche, les créateurs de parfum préfère la qualification de “confidentielle” à la très peu flatteuse de “niche”.

Et même si au départ ce marché de parfumerie confidentielle concernait uniquement les créateurs indépendants, les grandes marques de parfum ont rejoint la lice.
Dior, Guerlain, Chanel, Armani, pour ne citer qu’eux, ont senti le flair juteux des parfums confidentiels, créant ainsi leur propre gamme de parfums.

A qui s’adresse le marché de niche?

Au départ,on qualifiait la parfumerie de niche d’audace créative, et c’est sur ce credo que s’est créée la parfumerie confidentielle.
On peut la résumer en un réseau plus sélectif, un public restreint mais savamment ciblé, des points de vente en minorité, exit les parfumeries de masse de la parfumerie sélective.
Ces critères ne concernent pas uniquement les parfumeurs indépendants puisque même les grandes marques proposant des collections privées, ne les exposent pas là où l’on retrouve habituellement la parfumerie sélective.
On pense ici aux grands distributeurs tels que Sephora, ou encore Marionnaud.

Même les grandes maisons comme Chanel, Dior ou encore Guerlain, n’étalent pas leurs collections de parfums sélectives ça et là.
Elles portent bien leur nom et ne sont disponibles que dans des boutiques “sélectionnées”, rarement en Province et plutôt dans les grandes métropoles de l’Hexagone.

Tout comme les points de vente sont restreints pour les parfumeurs indépendants et les grandes marques de parfum, le nombre de flacons l’est également.
Pas question que ce petit trésor qu’est le parfum, préparé avec amour et passion par le créateur, se retrouve dans les mains de tous.
La production est limitée, faisant naître ainsi un sentiment d’attention particulière, d’exclusivité, de reconnaissance chez l’amateur de grands parfums.
Il aura dans ses mains un parfum qui lui ressemble, quitte à casser sa tirelire.
Faire plaisir à son âme n’a décidément pas de prix.

Une créativité à souhait

Les maisons de parfum de niche travaillent avec le plus souvent des créateurs que l’on appelle “nez”.
Elles leurs font entièrement confiance, leurs soumettent leurs désirs, leurs attentes, les notes olfactives qu’elles désirent retrouver, l’histoire qu’elles aimeraient qu’ils leurs dépeignent à travers ce parfum.
Et le point le plus culminant, est la liberté totale qui est donnée aux créateurs pour l’élaboration de ce parfum.
Cette confiance, ce champ libre va galvaniser les créateurs qui vont naturellement puiser en leurs êtres le meilleur de eux-mêmes.

A la recherche d’exotisme et d’originalité

Les grandes marques se perdant dans des discours financiers, des promesses à l’eau de rose, ce conformisme exacerbé à pousser les parfumeurs indépendants en quête de sincérité à se lancer.
Et par la même occasion, a fait naître l’envie chez les amateurs de parfum de trouver un parfum qui leur correspond vraiment et qui ne répond pas uniquement à des codes marketing que l’on impose à tout un chacun.
Cette recherche d’originalité va imprégner les fragrances des parfumeurs, à laquelle ils accompagneront leur imagination, leur histoire personnelle, parfois même leur intimité.

Les parfumeurs indépendants se délient du joug des maisons de grandes marques.
Le marketing de masse laisse place au marketing poétique qui évite d’engloutir des milliers d’euros dans des campagnes publicitaires.
L’idée est d’abord et avant tout de proposer des idées nouvelles en partant d’une histoire, en demandant à un artiste de l’écrire.
Le parfum est davantage qu’une odeur c’est une œuvre d’art composite.
Ainsi, pour les parfumeurs les deux éléments fondamentaux sont l’histoire et la note olfactive . L’histoire se raconte avec le nom et avec la forme.
La note olfactive c’est la création qu’il faut bien inscrire dans un univers.
Lorsque l’on fait un parfum on tente de projeter une idée globale.
Ce qui signifie qu’il y a des images, des formes, des histoires et tout ça doit faire un ensemble intéressant.
Il s’agit de raconter une histoire .
Donc la forme rend le parfum visible, elle le rend tactile, elle lui donne son existence.

Quand l’Orient embaume l’Occident

Cette créativité, cette recherche d’exotisme, d’originalité, cette audace va amener les créateurs de parfum à s’essayer à des senteurs jusque là inconnues.
Très peu de parfumeurs avaient osé faire le pas, préférant les notes sucrées.
Aujourd’hui plus que jamais la tendance est aux notes boisées, cuirées, ambrées.
L’Orient a conquis l’Occident par ses effluves, et quel parfum suave il est. Ambre, oud, patchouli, rose de Damas, Jasmin, 1001 notes olfactives qui étalent leurs charmes dans les flacons des plus initiés, des conquis, des confirmés.
On pensait que cet enchantement pour le oud, pour ces senteurs orientales, aurait été passager, presqu’éphémère, mais il est bien présent et ne semble pas vouloir s’évaporer.
D’ailleurs la plupart des marques de luxe ont lancé un parfum autour du oud. Note séduisante, capiteuse, véhiculant un imaginaire de mystère, de séduction, de puissance, d’opulence et un brin d’animalité bien que végétal.

On assiste d’ailleurs aujourd’hui au rachat de maisons de niche par de grands groupes de parfum.
Attrait de plus en plus grandissant motivé par le plaisir de détenir une maison aux caractères glorieux et honorifique.
Qui parviendra donc arrivera à dénicher la plus prestigieuse maison ? Telle est la question…
En attendant chez Dar Al Musc, point d’extravagance, le charme, et le raffinement est à la portée de tous.

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